Sur base du rapport de son explorateur Wilfried Martens et sous la pression du propre parti chrétien-démocrate nordiste de celui-ci (CD&V), Albert II, Roy des Belges (et non pas de Belgique, nuance !), vient de charger un pur flamingant « canal historique », Herman Van Rompuy, de former un nouveau gouvernement fédéral. Autrement dit, un gouvernement « national ». Vous me suivez ? Par ailleurs, « former un gouvernement », c’est pure sémantique politique tic tic puisqu‘il s’agit ni plus ni moins de remplacer le terne Leterme (CD&V lui aussi) au poste de Premier ministre ainsi que le ministre (CD&V lui aussi) de la Justice, tous deux ayant remis leur tablier avec ou sans résistance. C’est donc ni plus ni moins un simple remaniement ministériel mais il ne faut surtout pas le dire pour ne pas choquer le parti catholique hégémonique de Mère Flandre.. Ne pas choquer le parti, l’ego du parti. Surtout pas.
Il a fallu une semaine pour arriver à cette conclusion – alors qu’en France cela prendrait 24 à 48 heures – et il en faudra au moins une de plus pour conclure. En pleine crise économique. C’est une fois de plus une mascarade dont l’Ubuland a le secret. Rien n’a changé. Le pauvre Roy est nu.
Dans cette saga dont l’issue prend des allures d’un soap opera, les francophones sont une nouvelle fois de la revue, sans réaction. Comment voulez-vous qu’il en soit autrement puisqu’ils cultivent en permanence la zizanie entre leurs partis. Aucune fierté, se laisser bouffer puis se plaindre. C’est pas nous, c’est eux. Eux, les Flamands majoritaires. Facile.
Mais, au fait, qui est ce Herman ? Un homme de l’ombre, discret et assez peu médiatisé. Un autre passe-muraille, selon moi. Mais laissons-lui d’emblée un point positif avant de faire son portrait à l’acide : c’est peut-être actuellement le moins nain de tous les nains politiques qui peuplent la Belgique. « Expérimenté » qu’il est. Un homme de crise dit-on dans le landerneaui. Tout le monde le décrit avec une certaine admiration. Sauf qu’il n’était pas candidat et qu’il se retrouve contraint et forcé … par son parti. Premier ministre en Ubuland, c’est moins peinard qu’au perchoir de la Chambre des Députés (Assemblée Nationale), on peut s’y casser les dents.